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La réapparition du projet de gare TGV de Béziers A75, et la décision de la Région et des collectivités locales pour enterrer ce projet

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27 novembre 2018


En février 2017 (notre info de l'époque), une réunion de suivi du projet LNMP (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan), avec notamment l'État et la Région Occitanie, avait conclu à l'abandon du projet de gare TGV excentrée «Béziers A75», une gare sans correspondance avec le réseau ferroviaire, à l'écart du réseau des transports urbains, et situé à un échangeur autoroutier alors que les voyageurs du TGV emportent rarement leur voiture avec eux...

Mais voilà, du 22 octobre au 23 novembre 2018, avait lieu une consultation publique sur le «projet d'intérêt général» (PIG) de la LNMP. On y découvrait que, contrairement à ce qui avait été convenu, la gare TGV excentrée de Béziers était toujours dans les cartons, de même qu'une autre gare tout aussi contestable à proximité de Narbonne, et aussi que rien n'avait été prévu pour que le tronçon Béziers-Perpignan puisse le cas échéant être utilisable par les trains de fret, alors que tout le reste du tracé entre Barcelone et Nîmes est une ligne mixte TGV/fret.

À lire dans la presse locale:

Cette consultation, sur le site pig-lnmp.com, avait au moins 2 particularités regrettables:
  1. La cartographie était illisible: tracé découpé commune par commune, sans vue d'ensemble, et avec un classement par ordre alphabétique des communes, alors que le tracé passe très souvent à la limite entre plusieurs communes. Une version légèrement améliorée reste archivée sur ce site.

  2. Cette consultation, qui n'était pas une enquête publique, n'offrait absolument aucune garantie. Dans une enquête publique, les arguments des citoyens sont généralement balayés d'un revers de manche par un commissaire-enquêteur qui affirme qu'on ne peut pas remettre le projet en question, mais du moins ces arguments ont été consignés, et sont évoqués (souvent en une phrase) dans le rapport final. Rien de tel dans cette consultation par SNCF Réseau: le citoyen ne pouvait pas s'assurer que sa contribution avait été prise en compte, ni garder la moindre preuve du dépôt de sa contribution.

Ce retour du projet de gare excentrée «Béziers A75» a bien entendu suscité des réactions de la part du monde associatif:

De façon très significative, les grands élus locaux se sont également réunis pour rejeter en bloc ce projet de gare excentrée:

  • Midi-Libre, 25/11/2018: «Biterrois : Région et collectivités demandent l'abandon du projet de gare TGV excentrée».
    Les élus concernés sont:
    • La présidente de la Région Occitanie: Carole Delga
    • La présidente du département des Pyrénées-Orientales: Hermeline Malherbe
    • Le président du Département de l’Hérault: Kléber Mesquida
    • Le président du Département de l’Aude: André Viola
      Le président de l'Agglo de Carcassonne Agglo: Régis Banquet
    • Le président de l'Agglo de Sète: François Commeinhes;
    • Le président de l'Agglo de Béziers: Gilles D’Ettore
    • Le président de l'Agglo de Perpignan: Jean-Marc Pujol
    • Tandis que le maire de Béziers, Robert Ménard (lié au FN), explique dans une même entrevue (Écom-News, 02/11/2018) qu'il est farouchement opposé au projet de gare TGV excentrée mais qu'il pense qu'il ne faut pas s'y opposer. Un non-sens, car si le projet n'est pas officiellement abandonné aujourd'hui, il reste fort d'être construit, beaucoup plus tard, quand la technocratie expliquera que ce projet «existe depuis trop longtemps pour être abandonné ou modifié aujourd'hui».

Cet épisode illustre le principe du «combat pour le coup d'après»: certes, la mobilisation contre le projet de gare TGV de la Mogère n'a pas réussi à faire abandonner le projet, mais il a en revanche permis d'en dénoncer son absurdité et son inefficacité, ce qui doit permettre que les autres gares TGV excentrées initialement prévues (à Béziers et à Narbonne) soient, elles, officiellement abandonnées.





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