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Actualités de: 2018

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Le premier TGV commercial a traversé la gare de la Mogère (sans s'y arrêter)

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1 avril 2018

En raison de travaux, quelques TGV en provenance ou à destination de Montpellier St-Roch ont traversé la gare de la Mogère, sans s'y arrêter.
Le point sur les trains prévus à la Mogère à partir de juillet 2018.

Le 1er avril 2018 (ce n'est pas une blague), des TGV sont passés à la Mogère, sans s'y arrêter

La SNCF a profité du week-end de Pâques (du 31 mars au 2 avril 2018) pour faire quelques gros travaux sur les voies ferrées, dont l'installation d'un nouveau pont à Baillargues pour supprimer le passage à niveau en permettant la passage d'une route et d'une piste cyclable sous la voie ferrée: la ligne Nîmes-Montpellier est donc interrompue pendant le week-end. Les usagers du TER pouvaient notamment lire cette affiche concernant les circulations prévues le 1er avril dans le sens Avignon-Cerbère:

Journée du dimanche 1er avril 2018
Aucun train ne circulera durant ce long week-end de grands travaux en Occitanie entre :
- Nîmes et Montpellier du samedi 31 mars 14h00 au lundi 2 avril 14h00
- Narbonne et Béziers du samedi 31 mars 14h00 au lundi 2 avril 6h00

Or ce n'est pas totalement exact: il y a bien eu un train qui a circulé entre Nîmes et Montpellier: le TGV n°6343, passant par Nîmes à 21:05 et arrivant à Montpellier St-Roch à 22:28. Soit 1h23 pour faire le trajet Nîmes-Montpellier, plus du double du temps mis par les TER.

En réalité, ce TGV est passé par la gare de la Mogère, où il ne s'est pas arrêté, avant de faire demi-tour à Sète.

En consultant le site internet de la SBB-CFF-FFS, les chemins de fer suisses, un site nettement plus pratique que celui de la SNCF, on trouve par exemple:

Ce qui signifie que ce TGV, arrivé par la LGV habituelle (qu'il a quitté pour desservir Lyon, car très peu de trains desservent la gare excentrée de l'aéroport Satolas-St-Exupéry), a continué sur le contournement de Nîmes et Montpellier (CNM), cette nouvelle voie fret-TGV qui a ouvert en décembre 2017 (où il peut rouler à 200 km/h, au lieu de 160 km/h sur la voie normale, mais 300 km/h sur les LGV), puis a rejoint la ligne classique à St-Jean-de-Védas, pour desservir Sète, d'où il est parti en sens contraire pour repasser par St-Jean-de-Védas et arriver finalement à Montpellier-St-Roch. C'est-à-dire ce parcours pour la partie finale (dessiné sur la carte animée):



Encore plus original, on trouve ce TGV reliant Nîmes à Montpellier en près d'une heure et demie:

Cette fois-ci, le TGV est parti par la LGV Sud-Est habituelle, a contourné Lyon comme d'habitude en traversant la gare TGV de Satolas-St-Exupéry sans s'arrêter, et a continué sur la LGV Méditerranée qu'il a quitté à Manduel pour rejoindre Nîmes par la voie classique. Là, il est reparti en sens contraire jusqu'à Manduel, où il a emprunté la bretelle de raccordement (à voie unique) prévue pour les trains de fret, ce qui lui a permis d'arriver au contournement de Nîmes et Montpellier (CNM), en passant une 2e fois à côté du chantier de la gare TGV de Manduel. Ensuite, même parcours que pour le TGV précédent, avec un demi-tour à Sète. Ce qui aboutit au schéma suivant pour la fin du parcours:

Soit au final un trajet d'une rare inefficacité, mais qui était l'une des rares possibilités pour contourner la zone de travaux. Et le détour par Sète n'était peut-être pas si inutile, si certains voyageurs voulaient admirer les bateaux dans le cadre de la concentration de voiliers Escale à Sète.

Le point sur les trains prévus à la gare de la Mogère

Le site «Oui SNCF» a créé une page dédiée à la gare de la Mogère, baptisée «gare Montpellier Sud de France», du nom que Georges Frêche avait tenté d'utiliser pour la région Languedoc-Roussillon après avoir échoué à la rebaptiser en Septimanie.

Cette page explique, de façon assez cocasse:

« Grâce à cette nouvelle ligne, vous allez gagner environ 20 minutes de votre temps sur la ligne Paris <> Montpellier en 2018 ! De quoi s’offrir une petite balade dans les rues de Montpellier :) »

Peut-être que le smiley souligne à quel point l'argument est absurde, car pour rejoindre les rues de Montpellier où se baladent les touristes, depuis la gare de la Mogère, il faut bien plus des 20 minutes que gagnent les TGV en contournant Nîmes et en ne s'arrêtant pas à Manduel-TGV (puisque cette gare n'existe actuellement pas).

Plus sérieusement, la page indique les trains qui sont prévus à la gare de la Mogère, et qui se résument à:

  • TGV sur l'axe Paris-Montpellier:
    • 1 TGV dans le sens Paris-Montpellier (sauf le dimanche)
    • 1 TGV dans le sens Montpellier-Paris (seulement en été)
  • Ouigo sur l'axe Roissy-Satolas-Mogère:
    • 1 aller-et-retour par jour
  • Intercités Marseille-Bordeaux:
    • 2 allers-et-retours par jour (ne desservant donc pas Montpellier-centre, ni Nîmes)

Soit, pendant la majeure partie de l'année, 3 TGV par jour tous sens confondus (au lieu des 4 annoncés lorsque la Région Occitanie a refusé de s'associer à cette mascarade), et 2 allers-et-retours Intercités au lieu des 3 précédemment annoncés.

Ces 2 Intercités posent problème car, ne desservant que les villes les plus importantes, ils supposent que les voyageurs disposent de correspondance depuis leur gare de départ ou jusqu'à leur gare d'arrivée, or il n'y a aucune correspondance ferroviaire possible à la gare de la Mogère.


Enfin, la SNCF nous rappelle fort utilement que cette gare est à ce jour inaccessible pour les voyageurs:

« Bon à savoir : Les moyens de transport entre la gare nouvelle de Montpellier Sud de France et le centre-ville de Montpellier ne sont pas encore connus. Nous vous les communiquerons sur cette page dès que possible.»


Une drôle d'inauguration s'annonce pour la gare de la Mogère

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22 juin 2018

- L'inauguration de la gare de la Mogère, où la ministre des transports, Mme Élisabeth Borne, a été annoncée, se boycottée par son principal défenseur: Philippe Saurel, le président de la Métropole de Montpellier. La présidente de la Région, Carole Delga, explique pourquoi elle refuse toujours de financer cette gare.
- Oc'Via (Bouygues) à nouveau condamné pour destruction d'espèce protégée, suite à une plainte de France Nature Environnement

Une inauguration fantôme pour une gare fantôme?

Des journaux locaux ont annoncé, pour le 5 juillet 2018, l'inauguration par la ministre des Transports, Mme Élisabeth Borne:

  • de la gare TGV de la Mogère (à Montpellier), qui sera mise en service le 7 juillet 2018,
  • du CNM (contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier), qui est en service depuis décembre 2017
  • de la première pierre de la gare TGV de Manduel (à 15 km de Nîmes).

Le groupe EELV (Verts) de Montpellier a très rapidement répliqué avec l'annonce d'une contre-inauguration de la gare TGV de la Mogère, pour dénoncer cette gare absurde.
=> voir la page de leur évènement Facebook, et les articles publiés à ce sujet sur leur site web.
=> également frappante, leur photo des nouveaux horaires SNCF: alors qu'un TGV classique va de Montpellier-centre à Paris-centre en 3h29, en desservant Nîmes au passage, le OuiGo va de la gare de la Mogère à Marne-la-Vallée-Disneyland en 3h23, soit seulement 6 minutes de gain de temps malgré l'absence de desserte de Nîmes, et sachant qu'il faut 40 mn pour arriver à la gare de la Mogère, qu'il faut arriver avec 20 mn d'avance pour le OuiGo, et qu'il faut une heure pour rejoindre Paris depuis Marne-la-Vallée.

La contre-inauguration est également annoncée par le site Démosphère.

Le président de la Métropole et maire de Montpellier, Philippe Saurel, qui s'est démené comme un diable pour que cette gare TGV soit construite, a pourtant annoncé dans un tweet du 20 juin 2018 qu'il boycotterait son inauguration, se plaignant que la Région Occitanie refuse de participer au financement.

Il l'a redit au journal de midi de France 3 Occitanie, le 21 juin 2018, dans lequel il a répété des arguments toujours aussi étranges, à savoir que:

  • que les engagements en matière de nombre de trains à la gare de la Mogère était tenus. Il n'a pourtant cessé de baisser, depuis 2011 où RFF annonçait 11 A/R par jour avant même l'ouverture d'une gare TGV à Montpellier
  • que c'est un projet pour «le sud de l'Europe» et pour «les 100 ans ou les 50 ans à venir». Le monde entier attendrait donc cette gare dont les Montpelliérains ne voient pas l'utilité?
  • que la gare TGV permet de dévier 70% des trains de fret du centre Montpellier. Les trains de fret n'ont pourtant pas attendu la mise en service de la gare TGV pour emprunter le contournement ferroviaire qui a été construit pour eux bien plus que pour les TGV.

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a répliqué sèchement au maire de Montpellier, comme on peut le lire dans le Midi-Libre du 22 juin 2018.

S'avance-t-on donc vers l'inauguration fantôme d'une gare fantôme, en présence des seuls opposants?

La ministre se prêtera-t-elle à cette mascarade? Elle qui ricanait le 20 juillet 2017, devant la commission du développement durable du Sénat, que si la RATP (qu'elle a dirigée) est capable de faire passer 2500 voyageurs toutes les 2 minutes sur une seule voie (sur le RER A de Paris), c'était bizarre que les gares françaises soient aussi vite déclarées «saturées» (au point qu'il faille en construire de nouvelles).

Affaire à suivre...

Oc'Via (Bouygues) à nouveau condamnée pour destruction d'espèce protégée

Au même moment, FNE (France Nature Environnement), fédération de défense de l'environnement qui s'est fortement impliquée pour lutter contre des gares TGV excentrées et absurdes (une action est en cours contre la gare de Manduel), a annoncé le 21 juin 2018 une nouvelle condamnation de Oc'Via (Bouygues), concernant la construction du CNM (contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier), lors de laquelle l'outarde cannepetière, un oiseau des garrigues qui est en voie de disparition, n'a pas été protégée comme elle aurait dû l'être.

Oc'Via est condamnée à payer 42.000 €.

Ceci souligne encore, s'il le fallait, les problèmes environnementaux que posent les projets de gare TGV de Manduel (près de Nîmes) et le reste du programme de projets dont l'«avenue de la gare» et la zone «Magna Porta».

Lire le communiqué sur le site de FNE.


L'inauguration fantomatique de la gare de la Mogère

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13 juillet 2018

- Le jour de son ouverture au trafic, la gare fantôme de la Mogère a été inaugurée par une chorégraphie de Ghost Busters, animée par EELV Montpellier et d'autres mouvements.
- Les premiers voyageurs ont découvert la galère pour rejoindre la gare St-Roch.
- Le vice-président de la commission des Transports à la Région, Christian Dupraz, publie une lettre ouverte

Une gare fantôme inaugurée par une chorégraphie de Ghost Busters

Comme on le sait, aucune des autorités responsables de la construction de la gare de la Mogère n'a souhaité inaugurer cet ouvrage:
- ni le président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel, qui n'assume pas d'être le principal responsable du fiasco,
- ni la ministre des Transports, Élisabeth Borne, qui met ouvertement en doute la nécessité de certaines nouvelles infrastructures et la réalité de la saturation des infrastructures existantes,
- ni SNCF Réseau, le maître d'ouvrage et l'ensemble, qui a refusé de prendre en compte l'expertise de leurs collègues de SNCF Mobilités
- la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, était d'accord pour inaugurer la gare, mais elle aurait rappelé que jusqu'à présent cette gare est inutile, que la Région a été trompée, et que dès lors elle refuse de participer au financement.

Mais peu importe car les militants opposés à la gare de la Mogère, à commencer par ceux de EELV Montpellier, mais également des élus des Insoumis dont la députée Muriel Ressiguier, et des membres du Collectif contre la gare de la Mogère, ont organisé leur propre contre-inauguration, à l'occasion de l'arrivée du premier train de la journée, l'Intercités de 15h44. Des militants déguisés en fantômes et dansant sur la musique de Ghost Busters ont donc accueillis les premiers voyageurs.

Les médias présents sur place (en particulier le Midi-Libre et France 3) ont montré la galère pour les usagers:
- pas toujours informés qu'ils n'arrivaient pas en ville
- devant souvent prendre une correspondance Intercités-TER, et devant donc rejoindre la gare St-Roch (l'Intercités en question s'arrête dans très peu de gares)
- alors que la TAM a fait circuler des navettes vides toute la journée entre la gare de la Mogère et le cinéma d'Odysseum, lorsque le train est arrivé la navette s'est révélée trop petite et certains voyageurs ont dû attendre la suivante
- les voyageurs croyaient que la navette les amenait à la gare St-Roch; que nenni, elle ne va que jusqu'à Odysseum
- les voyageurs en transit pensaient que la navette et le tram étaient compris dans le prix de leur billet: pas du tout, les fameux «cowboys» (les contrôleurs salariés d'une société privée et aux méthodes expéditives) les ont verbalisés et les ont forcés à descendre, quitte à leur faire rater leur correspondance

À lire:

La lettre ouverte de Christian Dupraz

Le vice-président de la commission des Transports à la Région Occitanie, Christian Dupraz (EELV), opposant notoire à la gare de la Mogère, a répliqué dans une lettre adressée à la Gazette de Montpellier aux fausses affirmations du président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel.

Cette lettre ayant peu de chances d'être publiée, tant la Gazette de Montpellier est financièrement dépendante des publicités de la Métropole et donc toujours d'accord avec le président en place, nous publions ici son contenu:

La lettre adressée par Mr Dupraz à la Gazette de Montpellier

Gare fantôme de Montpellier : les vraies raisons de l'annulation de l'inauguration

C'est une première en France : une nouvelle infrastructure très chère (140 millions d'euros) va ouvrir en catimini, sans avoir été inaugurée. Et la vraie raison est simple : la peur du ridicule, et de la colère des usagers qui vont se rendre compte très vite de l'absurdité de cette gare. Seule la présidente de la région avait eu le courage d'annoncer sa présence, pour mieux en dénoncer les incohérences.

Le gaspillage de l'argent des contribuables par l'Etat et la Métropole de Montpellier dans ce dossier est effrayant.  140 millions d'euros investis en pure perte pour une gare inutile au milieu des champs, qui va faire perdre du temps à 95% des voyageurs, et qui éloigne les montpelliérains du reste de la France. Comment expliquer l'attitude de Philippe Saurel qui au lieu de conditionner le financement de cette gare à une vraie desserte, a préféré payer d'avance sans aucune garantie? La région est plus prudente. Comment expliquer que ce même Philippe Saurel, qui était ouvertement opposé à cette gare avant son élection, en est devenu soudain partisan après son élection? Par manque de courage politique.
Comment expliquer que cette gare va avoir des conséquences dramatiques sur la gare centrale Saint-Roch, si, dans deux ans, une grande partie des TGV ne viennent plus au centre-ville de Montpellier? Comment expliquer que désormais, le centre-ville de Montpellier sera à 4 heures de Paris, au lieu de 3h30? Les usagers ne sont pas des idiots.

La ministre a choisit sagement d'annuler l'inauguration car elle est consciente de la médiocrité de cette gare. Ce ne sont pas les gesticulations des élus de Montpellier qui l'effrayent.

Dommage, car, par contre, l'inauguration du Contournement ferroviaire Nîmes Montpellier était elle bienvenue : ce contournement est très utile en permettant dès aujourd'hui de faire circuler 80% des trains de fret. Mais pour cela, il n'y a pas besoin de gare voyageur, contrairement à ce qu'écrit la Gazette dans son édition du 28 juin.

Alors que faire devant ce gâchis et cet entêtement? La gare est construite, il faut l'utiliser, disent en coeur ceux qui préfèrent regarder le bout de leurs chaussures. Là encore un raisonnement bien dangereux! Car il faut savoir que le point d'équilibre financier de cette gare est à plus de 40 trains par jours. Avec 4 trains puis peut-être 10 trains par jours (si la gare de Nîmes-Manduel ouvre), cette gare continuera d'être un gouffre financier, année après année, gouffre comblé... par nos impôts. La SNCF, qui ne voulait pas de cette gare, aurait bien raison de demander à la Métropole de combler ce gouffre financier. Alors, que faire? Peut-être y-a-t-il une autre solution pour éviter le pire : ne pas ouvrir cette gare, tant que la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan n'est pas construite. Oui ce serait une autre première. Mais auront-ils le courage de reconnaître leur erreur? En attendant, la galère pour les usagers commence.
 
Christian Dupraz
Conseiller régional Occitanie
Vice Président de la commission transports

La gare de la Mogère: un fiasco prévu de longue date

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20 août 2018

Maintenant que la gare de la Mogère est en fonctionnement, on constate que comme prévu, elle fait perdre du temps aux voyageurs, et on constate que ses accès routiers sont déjà saturés alors qu'il n'y a que 4 trains par jour

Le fiasco

Depuis le 7 juillet 2018, la gare de la Mogère est en service, sous le nom de «Gare Montpellier Sud de France», car elle a repris le nom qu'avait choisi Georges Frêche pour faire oublier l'échec du changement de nom de la région Languedoc-Roussillon en Septimanie.

Elle reçoit chaque jour 1 TGV classique, 1 TGV OuiGo, et 2 Intercités Marseille-Bordeaux sans arrêt à Nîmes (et les retours correspondants).

Le cas des Intercités rapides est particulièrement ridicule: étant donné qu'ils desservent peu de gares, ils imposent à beaucoup de voyageurs de changer de train à Montpellier pour continuer leur trajet, et donc de changer de gare.

Un reportage de France 3 Montpellier, le 13 août 2018, a montré l'ampleur du fiasco:
- beaucoup de voyageurs ne sont pas prévenus qu'ils vont devoir changer de gare
- le changement de gare est long laborieux, passant par un bus et un tramway
- le bus et le tramway sont payants, alors que les voyageurs ont cru acheter un billet complet du départ à la destination
- les correspondances ne sont pas assurées lors du changement de gare
- comme dans toutes les gares excentrées, l'accès se fait principalement par la route, ce qui provoque une saturation des accès ou des parkings même lorsque la fréquentation est faible. En l'occurrence à la gare de la Mogère, les taxis citent 15 minutes d'embouteillage pour parcourir 300 mètres (et des voyageurs terminant la course à pied) dès que 2 trains arrivent en même temps.

Et il suffit de se rendre aux guichets de la gare St-Roch, au centre-ville, pour entendre beaucoup de voyageurs appeler leurs proches, leur annonçant un retard et leur expliquant la galère, «car figure-toi qu'il y a maintenant 2 gares à Montpellier et que je n'étais pas dans la bonne», ou qu'ils ont perdu leur correspondance car ils ont dû changer de gare.

Pourquoi les voyageurs se trompent-ils de gare?

On peut en effet se poser la question, car les voyageurs ont tout de même acheté leur billet et ils devraient savoir dans quelle gare ils doivent aller.

La réalité est plus complexe:

Dans le cas d'un trajet depuis ou vers Montpellier, selon les cas, le site Oui.SNCF propose uniquement la gare St-Roch:


Situation où le site Oui.SNCF ne permet de demander que la gare Saint-Roch

Tandis que dans beaucoup d'autres cas, le même site Oui.SNCF, de même que l'appli mobile, permet de demander une gare ou l'autre, et précise bien que la 2e gare TGV se situe à 6 km du centre-ville (ce qui a horripilé Philippe Saurel, maire de Montpellier et promoteur de la nouvelle gare):


Situation où le site Oui.SNCF permet de préciser quelle gare on souhaite utiliser

Cependant, même si on choisit «Montpellier Saint-Roch», le site proposera également des trajets depuis ou vers la gare de la Mogère.

Si on utilise le site web sur un ordinateur, l'affichage est assez clair: on voit si le trajet va vers «Montpellier - Sud de France», et on apprend que cette gare se situe donc à 6 km du centre-ville:


Les choix affichés sur le site web, sur un ordinateur: l'information est assez claire

Mais si on utilise l'appli sur mobile, le message est beaucoup moins clair, le message étant plus ou moins tronqué, selon le téléphone utilisé.

Sur un téléphone donné, pour un trajet vers Montpellier, on voit ainsi que le choix est proposé entre «Montpellier Sud de» et «Montpellier Saint Roch», et rien n'indique que «Montpellier Sud de» se trouve à 6 km du centre-ville, alors même qu'on a demandé la gare du centre-ville.

Sur le même téléphone, pour un trajet depuis Montpellier, vu que l'origine est écrite en plus gros que la destination, le choix se fait entre «Montpellier Saint...» et «Montpellier Sud de...», ce qui rend le choix encore plus délicat.

Sur un autre téléphone, pour un trajet depuis Montpellier, le choix est proposé entre «Montpellier Sai...» et «Montpellier Su...». Qui peut s'y retrouver?


Trajet vers Montpellier (téléphone n°1)

Trajet depuis Montpellier (téléphone n°1)

Trajet depuis Montpellier (téléphone n°2)

Prenons maintenant le cas d'un voyageur qui ne fait que passer par Montpellier, et n'a donc aucune raison de savoir qu'il y a deux gares sans correspondance entre elles.

Que ce soit sur l'ordinateur ou sur le téléphone, rien ne lui indique qu'il va devoir changer de gare:


Trajet avec un changement de gare à Montpellier, qui n'est pas indiqué, si on ne clique pas sur la petite flèche vers le bas (carré en pointillés rouges)

Si on demande le détail du voyage, alors le changement de gare est clairement indiqué, mais il n'est par contre pas indiqué qu'il faudra prendre un bus puis un tramway, ni que le trajet entre les gares est payant, ni que le délai d'une heure entre gares peut s'avérer insuffisant si un train est en retard, si les accès routiers sont encombrés, ou s'il y a des problèmes sur le tramway. Et dans le cas de l'appli mobile, il n'est même pas indiqué que la gare excentrée se située à 6 km du centre-ville, et non pas juste à côté (comme par exemple Paris-Bercy et Paris-Gare de Lyon), ou à une courte distance (comme entre Lille Europe et Lille Flandres).


Correspondance indiquée (sans information détaillée), sur le site sur ordinateur, et sur l'appli mobile

Dans ces conditions, on comprend aisément pourquoi tant de voyageurs se trompent de gare ou ratent leur correspondance, sans même parler des personnes qui vont se trouver en réelles difficultés (comme celles qui sont handicapées, qui marchent mal, ou qui sont très chargées).


Le fiasco (suite): un constat accablant et généralisé

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3 septembre 2018

De toutes parts, c'est une clameur qui se lève contre la gare de la Mogère, son absurdité, et la perte de temps qu'elle entraîne;
Un mot sur les annonces de «réactualisation» du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan

Le fiasco (suite)

La clameur contre la gare de la Mogère ne cesse pas, bien au contraire. La presse s'en fait l'écho, apportant à la gare de la Mogère un début de célébrité (en négatif).

Le Canard Enchaîné du 22 août 2018 (pas de lien internet: le Canard n'est pas sur internet) raconte, dans un article intitulé «une gare égarée» l'histoire d'un voyageur qui s'aperçoit au dernier moment que son train ne part pas de Montpellier-centre mais de «Montpellier sud de France», avec la promesse de gagner 20 minutes sur le trajet en train, mais en perdant 40 minutes sur l'accès à la gare (selon les informations, franchement optimistes, de SNCF Mobilités), et éventuellement 20€ de taxi, qui se retrouve coincé dans les embouteillages si jamais deux trains (!) arrivent en même temps.

Même la Gazette de Montpellier (pourtant très liée à la métropole de Montpellier) explique, le 23 août 2018, sous le titre «Montpellier Sud-de-France: le grand foutoir», la galère pour les voyageurs contraints d'emprunter la 2e gare TGV, ou y arrivant par accident. Mais évidemment, la Gazette restant la Gazette, l'article se termine par une page à la gloire de la Métropole de Montpellier, dont le président va bientôt résoudre tous les problèmes posés par cette gare...

De façon plus sérieuse, France 3 Occitanie a expliqué, le 2 septembre 2018, les problèmes de voyageurs à la 2e gare TGV:

  • Au-delà de la seule localisation absurde de cette gare et des problèmes posés par l'impossibilité d'y organiser des correspondances, on comprend que l'exploitation elle-même de la gare de la Mogère est faite en dépit du bon sens.
  • Les voyageurs ne disposent d'aucune information, aucun personnel n'est là pour les renseigner, seules les annonces sonores sont censées les orienter.
    Certains y voient une dérive de la société qui supprime des emplois et remplace les humains par des automates, mais il faut aussi prendre en compte que, vu la très faible utilisation de cette gare, son coût d'exploitation est horriblement élevée, et on peut comprendre que la SNCF fasse des économies en rognant sur le personnel.
  • Lorsque les voyageurs sont interviouvés sur leur avis sur la gare, ils en profitent pour demander des renseignements à la journaliste car ils sont désorientés.
  • La journaliste elle-même raconte comment, son train Intercités étant annulé, elle doit emprunter le bus (payant) jusqu'à Odisseum, puis le tramway ligne 1 jusqu'à la gare centrale, avant d'arriver au guichet où on lui change son billet pour qu'elle puisse enfin partir, avec 2 heures de retard.
  • L'interview du syndicaliste CGT, Alexis Pallot, est particulièrement intéressante, car il explique de quelle manière les politiciens locaux ont voulu à tout prix construire une gare TGV, injustifiée en l'absence de ligne TGV entre Montpellier et Perpignan, à un endroit absurde sur le plan ferroviaire, uniquement motivé par des intérêts immobiliers.

Enfin, l'Agence France Presse (AFP) a diffusé un article le 2 septembre 2018, repris par Le Point, Challenges, Les Échos, L'Express, Paris-Match, La Dépêche du midi..., explique le chaos à la gare de la Mogère, son côté fantômatique, ses accès ingérables, la gabégie financière (devant encore s'aggraver si un tramway y est construit), l'absence d'inauguration officielle et le fait que la ministre des transports Élisabeth Borne a soigneusement évité de s'y rendre. Une descente en flèche!

Le projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan «réactivé»?

Le 29 août 2018, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a fait savoir qu'elle se réjouissait que le projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan soit «réactivé» et que son tracé soit «sanctuarisé». Cette annonce fait semble-t-il référence à une réunion tenue le 12 juillet 2018, concernant le financement de 20 M€ d'études préalables.

En pratique, il faut tout de même espérer que le projet ne soit pas trop «sanctuarisé», car autant le tronçon de Montpellier jusqu'à la gare centrale de Béziers ne pose pas de problème (il est prévu qu'il soit compatible avec le fret ferroviaire, et que la gare de Béziers devienne un véritable pôle de correspondance), autant le tronçon de Béziers à Perpignan pose problème car il faut décider si les trains de marchandises pourront y passer, s'il y aura des gares TGV excentrées et éventuellement sans correspondances, et donc si on souhaite que les TGV passent à l'écart des centre-villes pendant que les trains de marchandises passent en centre-ville (où ils ne s'arrêtent pas, les gares de marchandises ayant été démantelées) et seront condamnés à l'arrêt lorsque la ligne littorale sera inondée par des phases de submersion marine.

Dans tous les cas, il est bien prévu que le tronçon Montpellier-Béziers soit réalisé bien avant le tronçon Béziers-Perpignan.


Le fiasco est connu dans la France entière, mais faut-il continuer la fuite en avant?

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20 septembre 2018


  • FNE-LR dénonce la fuite en avant avec la gare de Manduel.
  • La gare provoque colère des usagers et moqueries de toute la presse.
  • Saurel fait l'innocent et promet toujours plus de béton et de voitures.
  • Les Verts défendent la gare St-Roch.
  • La SNCF propose une liaison entre les 2 gares: 40mn et 11,50€, par TGV via Sète

Un communiqué de France Nature Environnement sur le projet de gare de Manduel

La fédération d'associations de défense de l'environnement, FNE-FR (France Nature Environnement - Languedoc-Roussillon) a publié un communiqué sur le projet de 2e gare TGV de Nîmes, entre Manduel et Redessan, à 15 km à l'est de Nîmes:

Gare fantôme : et si on remettait ça à Nîmes ?
communiqué de presse du mercredi 19 septembre 2018
également disponible ici en PDF

Dans ce communiqué, FNE-LR dénonce les mensonges qui ont servi à justifier la gare de la Mogère à Montpellier, l'échec dont il n'est plus nécessaire de faire la preuve, et le cynisme de décideurs qui veulent s'appuyer sur leurs propres échecs pour en faire d'autres, en l'occurrence en construisant une 2e gare TGV dans le secteur de Nîmes pour augmenter le nombre de trains dans la 2e gare TGV de Montpellier, tout ceci sans tenir compte de l'environnement, de l'intérêt des contribuables, ni du temps perdu par les voyageurs.

Le fiasco de la gare de la Mogère devient célèbre dans toute la France

Les rares voyageurs arrivant dans cette gare, par accident ou par contrainte dans le cas des Intercités, attirés par des prix cassés dans le cas du OuiGo, continuent à être laissés au milieu d'une gare fantôme et néanmoins saturée lorsqu'un train s'y arrête (il y en a heureusement peu).

Les articles et les reportages s'y multiplient:

Saurel fait l'innocent et promet la pire des fuites en avant

Le président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel, joue à l'innocent devant tous les journalistes qui l’interpellent à propos de ce fiasco:

À l'entendre, lui qui a pesé de tout son poids pour que cette gare soit construite, lui qui a fait voté en quelques secondes (et sans informer les élus de la teneur du vote) le Conseil de Métropole sur la construction de ponts pour enjamber la nouvelle A9 et les voies de la gare (revoir la vidéo du 30 septembre 2015), lui qui a menti effrontément en prétendant que renoncer au projet coûterait 2 milliards d'euros à la Métropole, eh bien il n'y est pour rien.

Il précise même «c'était juste après le décès de Georges Frêche, et je n'étais qu'adjoint au maire». Sans préciser qu'il revendique l'héritage de Georges Frêche, qui est effectivement à l'origine de cette absurdité, et que le maire dont il était l'adjoint, Hélène Mandroux, n'était pas favorable au projet et avait fait modifier le PLU de Montpellier en misant sur la rénovation de la gare St-Roch plutôt que sur la construction d'une 2e gare TGV.

Lui qui n'a cessé de réclamer que SNCF Mobilités détourne des trains vers la nouvelle gare, accuse maintenant «la SNCF» d'être responsable de tous les maux.

Et surtout, il promet une fuite en avant, comme si toute erreur appelait d'autres erreurs:

  • sur le pont étroit qui relie Odysseum à la gare (près du lycée Mendès-France), suppression d'un trottoir et réduction de l'autre à la portion congrue. Malgré cela, deux bus ne pourraient pas s'y croiser. Les lycéens n'auraient qu'un étroit trottoir pour se rendre au lycée, de même que les piétons rejoignant la gare à pied s'ils sont trop pressés pour attendre le bus, et les cyclistes seraient tout simplement éjectés du pont.

  • à plus long terme, construction de 1 ou 2 échangeurs sur l'ancienne A9. Mais qui va payer? Et dans ce secteur où les terres agricoles ont déjà été détruites, quel espace occuperaient-ils? Entre les bassins de rétention, indispensables à cause du risque d'inondation, le château de la Mogère, protégé, et le lycée, les choix sont limités.

  • passage de la rue de la fontaine de la banquière (au sud du contournement ferroviaire fret/TGV) à 2×2 voies, et réouverture des tronçons fermés depuis la construction de la gare.

  • construire un parking le long du ruisseau du Nègue-Cats, celui qui déborde en cas d'orages méditerranéens

En résumé: du béton, uniquement des voitures et donc de futurs embouteillages, toujours plus de pollution, et de futures «catastrophes naturelles» en cas de fortes pluies.

Une décision plus raisonnable que les autres consiste à ce que les bus reliant Odysseum à la gare de la Mogère s'arrête au nord de la gare (côté Odysseum), au lieu de faire tout le tour de la gare via une route embouteillée. Car pourquoi avoir imaginé un tel détour alors que les bus passent devant la façade nord de la gare? Mystère!

EELV dénonce les projets de détourner le maximum de TGV vers la gare de la Mogère

Le parti écologiste Europe-Écologie-Les-Verts continue ses attaques (pleinement justifiées) contre la gare de la Mogère.

Leur vidéo de 3 minutes (visible sur YouTube, ainsi que sur Facebook) a été vue plus d'un million de fois: à la fois amusante et explicative, elle est devenue virale.

Ils se mobilisent fortement pour défendre la desserte de la gare Montpellier-centre par les TGV, quand la Métropole de Montpellier et SNCF Réseau rêvent que la plupart des TGV ne desservent plus que les gares excentrées une fois que la gare TGV de Manduel aura été construite. Ils ont créé un site internet, MonAvisSurLaGareStRoch.fr, qui appelle le public à voter pour ou contre le maintien des TGV dans la gare actuelle, ce qui arrangerait non seulement les usagers locaux, mais aussi les usagers en correspondance à Montpellier. Ils ont également créé un autre site internet, GareFantome.fr, qui reste plutôt vide.

La SNCF crée une liaison directe, de la Mogère au centre-ville: 40 mn en TGV! En raison de travaux...

Il y a de quoi être un peu surpris, en découvrant que du 1er octobre au 6 décembre 2018, du lundi au jeudi, la SNCF propose des trajets de Montpellier-Mogère à Montpellier-centre, un trajet de 40 mn en TGV (au demeurant, ce n'est pas plus long qu'en bus et tramway), au prix de 11,50€ plein tarif pour une distance de 6km:


Capture d'écran du site Oui.SNCF, le 20 septembre 2018, pour un trajet le 1er octobre 2018

Mais par où peut bien passer ce TGV, alors qu'il n'y a pas de correspondance ferroviaire entre les deux gares de Montpellier? Le site de la Deutsche Bahn (le service public ferroviaire allemand) nous apporte la réponse: c'est un train qui, après être allé de Lille à Nîmes, repart en sens opposé vers Manduel puis la Mogère, et dessert Sète avant de revenir à Montpellier-centre.


Capture d'écran du site reiseauskunft.bahn.de, le 20 septembre 2018

C'est-à-dire que ce TGV répète le trajet fait le 1er avril 2018 (voir l'info correspondante sur ce site), à ceci près que le TGV, alors provenant de Paris et non de Lille, ne s'était alors pas arrêté à Montpellier-la Mogère car la gare n'était pas encore en service. Le schéma reste valable:


Trajet suivi par le TGV Lille-Nîmes-Mogère-Sète-Montpellier centre; un TGV l'avait déjà suivi le 1er avril 2018

L'explication est finalement claire: le 1er avril, la ligne Montpellier-Nîmes était fermée pour un long week-end de travaux sur les voies, et cet itinéraire avait permis à la SNCF de proposer quand même quelques trajets Paris-Montpellier. De la même façon, ce nouveau TGV Lille-Montpellier, arrivant tard le soir, évitera ainsi un tronçon où sont prévus des travaux nocturne sur les voies.

On l'aura compris, cette liaison est purement anecdotique.


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