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Actualités de: 2018

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Le premier TGV commercial a traversé la gare de la Mogère (sans s'y arrêter)

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1 avril 2018

En raison de travaux, quelques TGV en provenance ou à destination de Montpellier St-Roch ont traversé la gare de la Mogère, sans s'y arrêter.
Le point sur les trains prévus à la Mogère à partir de juillet 2018.

Le 1er avril 2018 (ce n'est pas une blague), des TGV sont passés à la Mogère, sans s'y arrêter

La SNCF a profité du week-end de Pâques (du 31 mars au 2 avril 2018) pour faire quelques gros travaux sur les voies ferrées, dont l'installation d'un nouveau pont à Baillargues pour supprimer le passage à niveau en permettant la passage d'une route et d'une piste cyclable sous la voie ferrée: la ligne Nîmes-Montpellier est donc interrompue pendant le week-end. Les usagers du TER pouvaient notamment lire cette affiche concernant les circulations prévues le 1er avril dans le sens Avignon-Cerbère:

Journée du dimanche 1er avril 2018
Aucun train ne circulera durant ce long week-end de grands travaux en Occitanie entre :
- Nîmes et Montpellier du samedi 31 mars 14h00 au lundi 2 avril 14h00
- Narbonne et Béziers du samedi 31 mars 14h00 au lundi 2 avril 6h00

Or ce n'est pas totalement exact: il y a bien eu un train qui a circulé entre Nîmes et Montpellier: le TGV n°6343, passant par Nîmes à 21:05 et arrivant à Montpellier St-Roch à 22:28. Soit 1h23 pour faire le trajet Nîmes-Montpellier, plus du double du temps mis par les TER.

En réalité, ce TGV est passé par la gare de la Mogère, où il ne s'est pas arrêté, avant de faire demi-tour à Sète.

En consultant le site internet de la SBB-CFF-FFS, les chemins de fer suisses, un site nettement plus pratique que celui de la SNCF, on trouve par exemple:

Ce qui signifie que ce TGV, arrivé par la LGV habituelle (qu'il a quitté pour desservir Lyon, car très peu de trains desservent la gare excentrée de l'aéroport Satolas-St-Exupéry), a continué sur le contournement de Nîmes et Montpellier (CNM), cette nouvelle voie fret-TGV qui a ouvert en décembre 2017 (où il peut rouler à 200 km/h, au lieu de 160 km/h sur la voie normale, mais 300 km/h sur les LGV), puis a rejoint la ligne classique à St-Jean-de-Védas, pour desservir Sète, d'où il est parti en sens contraire pour repasser par St-Jean-de-Védas et arriver finalement à Montpellier-St-Roch. C'est-à-dire ce parcours pour la partie finale (dessiné sur la carte animée):



Encore plus original, on trouve ce TGV reliant Nîmes à Montpellier en près d'une heure et demie:

Cette fois-ci, le TGV est parti par la LGV Sud-Est habituelle, a contourné Lyon comme d'habitude en traversant la gare TGV de Satolas-St-Exupéry sans s'arrêter, et a continué sur la LGV Méditerranée qu'il a quitté à Manduel pour rejoindre Nîmes par la voie classique. Là, il est reparti en sens contraire jusqu'à Manduel, où il a emprunté la bretelle de raccordement (à voie unique) prévue pour les trains de fret, ce qui lui a permis d'arriver au contournement de Nîmes et Montpellier (CNM), en passant une 2e fois à côté du chantier de la gare TGV de Manduel. Ensuite, même parcours que pour le TGV précédent, avec un demi-tour à Sète. Ce qui aboutit au schéma suivant pour la fin du parcours:

Soit au final un trajet d'une rare inefficacité, mais qui était l'une des rares possibilités pour contourner la zone de travaux. Et le détour par Sète n'était peut-être pas si inutile, si certains voyageurs voulaient admirer les bateaux dans le cadre de la concentration de voiliers Escale à Sète.

Le point sur les trains prévus à la gare de la Mogère

Le site «Oui SNCF» a créé une page dédiée à la gare de la Mogère, baptisée «gare Montpellier Sud de France», du nom que Georges Frêche avait tenté d'utiliser pour la région Languedoc-Roussillon après avoir échoué à la rebaptiser en Septimanie.

Cette page explique, de façon assez cocasse:

« Grâce à cette nouvelle ligne, vous allez gagner environ 20 minutes de votre temps sur la ligne Paris <> Montpellier en 2018 ! De quoi s’offrir une petite balade dans les rues de Montpellier :) »

Peut-être que le smiley souligne à quel point l'argument est absurde, car pour rejoindre les rues de Montpellier où se baladent les touristes, depuis la gare de la Mogère, il faut bien plus des 20 minutes que gagnent les TGV en contournant Nîmes et en ne s'arrêtant pas à Manduel-TGV (puisque cette gare n'existe actuellement pas).

Plus sérieusement, la page indique les trains qui sont prévus à la gare de la Mogère, et qui se résument à:

  • TGV sur l'axe Paris-Montpellier:
    • 1 TGV dans le sens Paris-Montpellier (sauf le dimanche)
    • 1 TGV dans le sens Montpellier-Paris (seulement en été)
  • Ouigo sur l'axe Roissy-Satolas-Mogère:
    • 1 aller-et-retour par jour
  • Intercités Marseille-Bordeaux:
    • 2 allers-et-retours par jour (ne desservant donc pas Montpellier-centre, ni Nîmes)

Soit, pendant la majeure partie de l'année, 3 TGV par jour tous sens confondus (au lieu des 4 annoncés lorsque la Région Occitanie a refusé de s'associer à cette mascarade), et 2 allers-et-retours Intercités au lieu des 3 précédemment annoncés.

Ces 2 Intercités posent problème car, ne desservant que les villes les plus importantes, ils supposent que les voyageurs disposent de correspondance depuis leur gare de départ ou jusqu'à leur gare d'arrivée, or il n'y a aucune correspondance ferroviaire possible à la gare de la Mogère.


Enfin, la SNCF nous rappelle fort utilement que cette gare est à ce jour inaccessible pour les voyageurs:

« Bon à savoir : Les moyens de transport entre la gare nouvelle de Montpellier Sud de France et le centre-ville de Montpellier ne sont pas encore connus. Nous vous les communiquerons sur cette page dès que possible.»


Une drôle d'inauguration s'annonce pour la gare de la Mogère

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22 juin 2018

- L'inauguration de la gare de la Mogère, où la ministre des transports, Mme Élisabeth Borne, a été annoncée, se boycottée par son principal défenseur: Philippe Saurel, le président de la Métropole de Montpellier. La présidente de la Région, Carole Delga, explique pourquoi elle refuse toujours de financer cette gare.
- Oc'Via (Bouygues) à nouveau condamné pour destruction d'espèce protégée, suite à une plainte de France Nature Environnement

Une inauguration fantôme pour une gare fantôme?

Des journaux locaux ont annoncé, pour le 5 juillet 2018, l'inauguration par la ministre des Transports, Mme Élisabeth Borne:

  • de la gare TGV de la Mogère (à Montpellier), qui sera mise en service le 7 juillet 2018,
  • du CNM (contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier), qui est en service depuis décembre 2017
  • de la première pierre de la gare TGV de Manduel (à 15 km de Nîmes).

Le groupe EELV (Verts) de Montpellier a très rapidement répliqué avec l'annonce d'une contre-inauguration de la gare TGV de la Mogère, pour dénoncer cette gare absurde.
=> voir la page de leur évènement Facebook, et les articles publiés à ce sujet sur leur site web.
=> également frappante, leur photo des nouveaux horaires SNCF: alors qu'un TGV classique va de Montpellier-centre à Paris-centre en 3h29, en desservant Nîmes au passage, le OuiGo va de la gare de la Mogère à Marne-la-Vallée-Disneyland en 3h23, soit seulement 6 minutes de gain de temps malgré l'absence de desserte de Nîmes, et sachant qu'il faut 40 mn pour arriver à la gare de la Mogère, qu'il faut arriver avec 20 mn d'avance pour le OuiGo, et qu'il faut une heure pour rejoindre Paris depuis Marne-la-Vallée.

La contre-inauguration est également annoncée par le site Démosphère.

Le président de la Métropole et maire de Montpellier, Philippe Saurel, qui s'est démené comme un diable pour que cette gare TGV soit construite, a pourtant annoncé dans un tweet du 20 juin 2018 qu'il boycotterait son inauguration, se plaignant que la Région Occitanie refuse de participer au financement.

Il l'a redit au journal de midi de France 3 Occitanie, le 21 juin 2018, dans lequel il a répété des arguments toujours aussi étranges, à savoir que:

  • que les engagements en matière de nombre de trains à la gare de la Mogère était tenus. Il n'a pourtant cessé de baisser, depuis 2011 où RFF annonçait 11 A/R par jour avant même l'ouverture d'une gare TGV à Montpellier
  • que c'est un projet pour «le sud de l'Europe» et pour «les 100 ans ou les 50 ans à venir». Le monde entier attendrait donc cette gare dont les Montpelliérains ne voient pas l'utilité?
  • que la gare TGV permet de dévier 70% des trains de fret du centre Montpellier. Les trains de fret n'ont pourtant pas attendu la mise en service de la gare TGV pour emprunter le contournement ferroviaire qui a été construit pour eux bien plus que pour les TGV.

La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a répliqué sèchement au maire de Montpellier, comme on peut le lire dans le Midi-Libre du 22 juin 2018.

S'avance-t-on donc vers l'inauguration fantôme d'une gare fantôme, en présence des seuls opposants?

La ministre se prêtera-t-elle à cette mascarade? Elle qui ricanait le 20 juillet 2017, devant la commission du développement durable du Sénat, que si la RATP (qu'elle a dirigée) est capable de faire passer 2500 voyageurs toutes les 2 minutes sur une seule voie (sur le RER A de Paris), c'était bizarre que les gares françaises soient aussi vite déclarées «saturées» (au point qu'il faille en construire de nouvelles).

Affaire à suivre...

Oc'Via (Bouygues) à nouveau condamnée pour destruction d'espèce protégée

Au même moment, FNE (France Nature Environnement), fédération de défense de l'environnement qui s'est fortement impliquée pour lutter contre des gares TGV excentrées et absurdes (une action est en cours contre la gare de Manduel), a annoncé le 21 juin 2018 une nouvelle condamnation de Oc'Via (Bouygues), concernant la construction du CNM (contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier), lors de laquelle l'outarde cannepetière, un oiseau des garrigues qui est en voie de disparition, n'a pas été protégée comme elle aurait dû l'être.

Oc'Via est condamnée à payer 42.000 €.

Ceci souligne encore, s'il le fallait, les problèmes environnementaux que posent les projets de gare TGV de Manduel (près de Nîmes) et le reste du programme de projets dont l'«avenue de la gare» et la zone «Magna Porta».

Lire le communiqué sur le site de FNE.


L'inauguration fantomatique de la gare de la Mogère

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13 juillet 2018

- Le jour de son ouverture au trafic, la gare fantôme de la Mogère a été inaugurée par une chorégraphie de Ghost Busters, animée par EELV Montpellier et d'autres mouvements.
- Les premiers voyageurs ont découvert la galère pour rejoindre la gare St-Roch.
- Le vice-président de la commission des Transports à la Région, Christian Dupraz, publie une lettre ouverte

Une gare fantôme inaugurée par une chorégraphie de Ghost Busters

Comme on le sait, aucune des autorités responsables de la construction de la gare de la Mogère n'a souhaité inaugurer cet ouvrage:
- ni le président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel, qui n'assume pas d'être le principal responsable du fiasco,
- ni la ministre des Transports, Élisabeth Borne, qui met ouvertement en doute la nécessité de certaines nouvelles infrastructures et la réalité de la saturation des infrastructures existantes,
- ni SNCF Réseau, le maître d'ouvrage et l'ensemble, qui a refusé de prendre en compte l'expertise de leurs collègues de SNCF Mobilités
- la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, était d'accord pour inaugurer la gare, mais elle aurait rappelé que jusqu'à présent cette gare est inutile, que la Région a été trompée, et que dès lors elle refuse de participer au financement.

Mais peu importe car les militants opposés à la gare de la Mogère, à commencer par ceux de EELV Montpellier, mais également des élus des Insoumis dont la députée Muriel Ressiguier, et des membres du Collectif contre la gare de la Mogère, ont organisé leur propre contre-inauguration, à l'occasion de l'arrivée du premier train de la journée, l'Intercités de 15h44. Des militants déguisés en fantômes et dansant sur la musique de Ghost Busters ont donc accueillis les premiers voyageurs.

Les médias présents sur place (en particulier le Midi-Libre et France 3) ont montré la galère pour les usagers:
- pas toujours informés qu'ils n'arrivaient pas en ville
- devant souvent prendre une correspondance Intercités-TER, et devant donc rejoindre la gare St-Roch (l'Intercités en question s'arrête dans très peu de gares)
- alors que la TAM a fait circuler des navettes vides toute la journée entre la gare de la Mogère et le cinéma d'Odysseum, lorsque le train est arrivé la navette s'est révélée trop petite et certains voyageurs ont dû attendre la suivante
- les voyageurs croyaient que la navette les amenait à la gare St-Roch; que nenni, elle ne va que jusqu'à Odysseum
- les voyageurs en transit pensaient que la navette et le tram étaient compris dans le prix de leur billet: pas du tout, les fameux «cowboys» (les contrôleurs salariés d'une société privée et aux méthodes expéditives) les ont verbalisés et les ont forcés à descendre, quitte à leur faire rater leur correspondance

À lire:

La lettre ouverte de Christian Dupraz

Le vice-président de la commission des Transports à la Région Occitanie, Christian Dupraz (EELV), opposant notoire à la gare de la Mogère, a répliqué dans une lettre adressée à la Gazette de Montpellier aux fausses affirmations du président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel.

Cette lettre ayant peu de chances d'être publiée, tant la Gazette de Montpellier est financièrement dépendante des publicités de la Métropole et donc toujours d'accord avec le président en place, nous publions ici son contenu:

La lettre adressée par Mr Dupraz à la Gazette de Montpellier

Gare fantôme de Montpellier : les vraies raisons de l'annulation de l'inauguration

C'est une première en France : une nouvelle infrastructure très chère (140 millions d'euros) va ouvrir en catimini, sans avoir été inaugurée. Et la vraie raison est simple : la peur du ridicule, et de la colère des usagers qui vont se rendre compte très vite de l'absurdité de cette gare. Seule la présidente de la région avait eu le courage d'annoncer sa présence, pour mieux en dénoncer les incohérences.

Le gaspillage de l'argent des contribuables par l'Etat et la Métropole de Montpellier dans ce dossier est effrayant.  140 millions d'euros investis en pure perte pour une gare inutile au milieu des champs, qui va faire perdre du temps à 95% des voyageurs, et qui éloigne les montpelliérains du reste de la France. Comment expliquer l'attitude de Philippe Saurel qui au lieu de conditionner le financement de cette gare à une vraie desserte, a préféré payer d'avance sans aucune garantie? La région est plus prudente. Comment expliquer que ce même Philippe Saurel, qui était ouvertement opposé à cette gare avant son élection, en est devenu soudain partisan après son élection? Par manque de courage politique.
Comment expliquer que cette gare va avoir des conséquences dramatiques sur la gare centrale Saint-Roch, si, dans deux ans, une grande partie des TGV ne viennent plus au centre-ville de Montpellier? Comment expliquer que désormais, le centre-ville de Montpellier sera à 4 heures de Paris, au lieu de 3h30? Les usagers ne sont pas des idiots.

La ministre a choisit sagement d'annuler l'inauguration car elle est consciente de la médiocrité de cette gare. Ce ne sont pas les gesticulations des élus de Montpellier qui l'effrayent.

Dommage, car, par contre, l'inauguration du Contournement ferroviaire Nîmes Montpellier était elle bienvenue : ce contournement est très utile en permettant dès aujourd'hui de faire circuler 80% des trains de fret. Mais pour cela, il n'y a pas besoin de gare voyageur, contrairement à ce qu'écrit la Gazette dans son édition du 28 juin.

Alors que faire devant ce gâchis et cet entêtement? La gare est construite, il faut l'utiliser, disent en coeur ceux qui préfèrent regarder le bout de leurs chaussures. Là encore un raisonnement bien dangereux! Car il faut savoir que le point d'équilibre financier de cette gare est à plus de 40 trains par jours. Avec 4 trains puis peut-être 10 trains par jours (si la gare de Nîmes-Manduel ouvre), cette gare continuera d'être un gouffre financier, année après année, gouffre comblé... par nos impôts. La SNCF, qui ne voulait pas de cette gare, aurait bien raison de demander à la Métropole de combler ce gouffre financier. Alors, que faire? Peut-être y-a-t-il une autre solution pour éviter le pire : ne pas ouvrir cette gare, tant que la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan n'est pas construite. Oui ce serait une autre première. Mais auront-ils le courage de reconnaître leur erreur? En attendant, la galère pour les usagers commence.
 
Christian Dupraz
Conseiller régional Occitanie
Vice Président de la commission transports

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