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Signez la pétition trans-partisane pour empêcher le dépeçage de Montpellier-centre au profit de la Mogère!

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20 décembre 2018


Les élus de la Région ont obtenu une réponse évasive de SNCF Mobilités sur les TGV devant être supprimés de la gare St-Roch. Une très large pétition a été lancée pour s'opposer à ce dépeçage, avec le soutien d'élus de tous horizons politiques et d'autres représentants.

La pétition adressée à la SNCF

La pétition «Sauvons les TGV en gare Saint-Roch!» a été lancée le 20 décembre 2018, sur Change.org, et elle est accessible plus commodément à l'adresse suivante:
    sauvonslestgv.fr
N'oubliez pas de la signer, vous aussi!

Ce qui caractérise cette pétition, c'est la très large union qui la soutient, avec des premiers signataires issus de tous horizons, et notamment de tous les partis de gauche et de droite:

  • Christian Assaf, conseiller régional (PS)
  • Michael Delafosse, conseiller départemental, conseiller municipal de Montpellier (PS)
  • Christian Dupraz, conseiller régional, chargé des États généraux du rail et de l'intermodalité (EELV)
  • Philippe Etourneau, Vice-président GNI SYNHORCAT Occitanie (syndicat patronal d'hôteliers et restaurateurs indépendants)
  • Michel Julier, militant associatif (membre de Vélocité et de France Nature Environnement, et webmestre de garetgv.free.fr)
  • Alex Larue, conseiller municipal et métropolitain de Montpellier (LR)
  • Clothilde Ollier, maire de Murles (sans étiquette)
  • Alexis Pallot, secrétaire général du syndicat CGT des cheminots de Montpellier.
  • Muriel Ressiguier, députée (La France Insoumise)
  • René Revol, maire de Grabels, conseiller communautaire (La France Insoumise)
  • Manu Reynaud, militant écologiste (EELV)
  • Isabelle Touzard, maire de Murviel-les Montpellier (sans étiquette)
  • Patrick Vignal, député (LREM)
  • Virginie Rozieres, député européenne (Radicaux de gauche)
  • Philippe Carabasse, conseiller municipal St-Jean-de-Védas, référent Occitanie des Radicaux de Gauche

Combien de trains supprimés à la gare St-Roch (Montpellier-centre)?

Début décembre 2018, deux élus de la Région Occitanie ont interpelé SNCF Mobilités (la branche qui exploite les trains) pour connaître le nombre de trains devant être supprimés de la gare Montpellier-centre lorsque la gare excentrée de Manduel (à 15 km de Nîmes) sera mise en service:

La réponse de SNCF Mobilités est la suivante:

  • pour l'instant, il y a 20 A/R quotidiens en TGV à St-Roch et 2 A/R quotidiens à la Mogère
  • en 2020, il pourrait y avoir 14 A/R quotidiens en TGV à St-Roch et 12 A/R quotidiens à la Mogère

La question ne portait que sur les TGV, et la réponse n'indique donc aucune prévision en ce qui concerne les Intercités (actuellement 4 A/R quotidiens à St-Roch et 2 A/R quotidiens à la Mogère).

Cette réponse un peu évasive ne fait en réalité que reprendre strictement les prévisions fournies par SNCF Réseau (la branche en charge des voies ferrées, ainsi que de la gare de la Mogère, contrairement aux autres gares qui dépendent de SNCF Mobilités), institution qui n'est d'ailleurs pas compétente pour décider où s'arrêtent les trains. Voir par exemple la page n°27 (page 29 du fichier PDF) de l'évaluation socio-économique de la gare de Manduel communiquée début 2017, qui prévoyait à partir de 2020:

  • pour les TGV venant de la région parisienne:
    • Montpellier-centre et Nîmes-centre si leur terminus est Montpellier ou Béziers (soit 7 A/R par jour, dont 1 OuiGo venant de Marne-la-Vallée)
    • gares excentrées pour tous les autres (soit 5 A/R par jour)
  • pour les TGV «intersecteurs» (province-province):
    • Montpellier-centre et Nîmes-centre si leur terminus est Montpellier (soit 7 A/R par jour, en provenance de Lille ou Strasbourg via Lyon)
    • gares excentrées pour tous les autres (soit 6 A/R par jour)
  • pour les Intercités Marseille-Toulouse:
    • Montpellier-centre et Nîmes-centre: 3 A/R par jour
    • gare excentrées: 3 A/R par jour

Le trafic quotidien à la Mogère passerait donc de 2 à 11 TGV, et de 2 à 3 Intercités.
Tandis qu'à Montpellier-centre, le trafic quotidien passerait de 20 à 14 TGV, et de 4 à 3 Intercités.
Soit au total 45% de trains de grandes lignes quittant Montpellier-centre pour aller à la Mogère.

Pire encore dans ce scénario, il ne resterait plus aucun TGV desservant Montpellier-centre et Nîmes-centre, pour les voyageurs voulant prendre un TGV en direction de Narbonne, Perpignan, Barcelone, ou Toulouse. Soit une perte de temps de presque 1h sur le trajet Montpellier-Barcelone, compte tenu du temps d'accès à la gare de la Mogère ou de Manduel.

SNCF Réseau, alors nommée Réseau Ferré de France, avait publié des prévisions similaires précédemment, dans l'évaluation socio-économique de la gare de la Mogère communiquée en septembre 2014. Les prévisions étaient les mêmes sauf:
  • en 2025, les 6 Intercités quotidiens basculeraient sur les gares excentrées
  • entre 2025 et 2050, peu d'évolution attendue

Réseau Ferré de France avançait des prévisions assez différentes en 2011 (document présenté en 2012, et déniché par EELV, voir page 15). Là, les 3/4 des trains de grandes lignes étaient transférés dans les gares excentrées.

À noter que SNCF Réseau a un intérêt évident à souhaiter que des trains soient transférés dans les gares excentrées:

  • d'une part un intérêt d'affichage, pour réduire leur responsabilité dans le fiasco de l'opération
  • d'autre part un intérêt financier, car les deux gares excentrées appartiennent à SNCF Réseau, contrairement aux gares construites précédemment.

Pourquoi s'opposer à cette évolution?

Tout simplement parce qu'elle fait perdre du temps aux voyageurs, qu'ils accèdent aux villes de Montpellier ou de Nîmes, ou bien qu'ils utilisent des correspondances avec le TER. Par exemple, un trajet Alès-Barcelone deviendra très compliqué (correspondance à Nîmes puis transfert à Manduel). Les villes de Lunel ou de Sète, pour ne prendre que ces exemples, y perdraient aussi beaucoup en qualité d'accès au réseau ferroviaire.

Si encore il ne s'agissait que d'ajouter de nouveaux trains, et d'utiliser les nouvelles gares pour les accueillir, on pourrait éventuellement l'admettre. Mais non, on parle bien de supprimer des trains arrivant au cœur des villes et des réseaux de transports publics (intersection des tramways à Montpellier, bus urbains et interurbains à Nîmes), pour les déplacer dans des gares excentrées peu accessibles en transports publics et guère plus pratiques même en voiture. C'est donc une absurdité qu'il faut empêcher à tout prix, d'où cette pétition.





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