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Montpellier inaccessible à cause des inondations, de la gare de la Mogère, et de Macron
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24 octobre 2026 |
Suite aux fortes pluies tombées entre l'Hérault et le Gard dans la nuit du 19 au 20 octobre 2026, la voie ferrée classique est impraticable.
Les TGV, circulant sur le contournement fret de Nîmes et Montpellier, ne desservent plus Montpellier-centre, car SNCF Réseau a refusé de de construire l'aiguillage de St-Brès.
Les TGV non supprimés desservent alors la gare de la Mogère («Montpellier Sud de France»).
Or le samedi 17 octobre 2026, de graves troubles ont émaillés les manifestations de lycéens récupérées par la tendance «gilets jaunes»: dégradations, pillages, et nombreuses violences policières.
La réponse apportée par Emmanuel Macron, via un arrêté de la Préfète Chantal Mauchet, a été d'interdire les manifestations le samedi 24 avril. Dans ce cadre, pour empêcher le maximum de manifestants potentiels de rejoindre le centre-ville de Montpellier, en interdisant la circulation des tramways et de tous les bus desservant le centre-ville.
Cette interdiction concerne notamment le tramway reliant la gare de la Mogère à Montpellier-centre, qui devient inaccessible en TGV.
Précipitations
Les « épisodes méditerranéens sont des pluies très intenses, se
produisant à l'automne, lorsque l'eau qui s'évapore de la mer
Méditerranée, encore chaude après l'été, se précipite violemment sur
la terre ferme. Les «épisodes cévenoles» en sont une variante,
lorsque ces pluies surviennent de façon particulièrement intense sur
le relief des Cévennes.L'été 2026 ayant été particulièrement caniculaire, la mer a atteint des températures hors normes, et deux épisodes méditerranéens ont touché le secteur entre Montpellier et Nîmes en 3 semaines:
- Le mercredi 30 septembre 2026: environ 150 mm en 24h, sur une large zone incluant Montpellier et Nîmes (un peu plus faible à Nîmes).
- Dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre 2026: 100 à 150 mm en 24h, sur Montpellier et une grande partie du Gard, et jusqu'à 250 mm dans le secteur de la Petite Camargue, dont plus de 100 mm en 3h (de minuit à 3h du matin) entre Vergèze et La Grande-Motte.

Carte des cumuls de précipitations dans la nuit du 19 au 20 octobre 2026:
Noter la concentration au sud de Vergèze
Plus d'infos sur ces inondations dans le Midi-Libre (20/10/2026): REPLAY Épisode méditerranéen : "Faire face aux risques et protéger la population", Laurent Nuñez s’exprime sur les intempéries dans le sud de la France (avec de nombreuses photos, et une vidéos montrant de fort débit d'eau sur une route inondée à l'entrée de Vergèze).
Conséquences sur la voie ferrée
Ces fortes précipitations, dans un secteur au relief particulièrement plat où l'eau s'évacue lentement, déjà touché par de très fortes pluies 3 semaines plus tôt, a provoqué de nombreux débordements et de très nombreuses fermetures de routes. De nombreuses rues ont été inondées à Lunel, à Vergèze et dans beaucoup d'autres villages. Le mardi 20 octobre 2026, la circulation des trains a été arrêtée par précaution, et l'autoroute A9 a été coupée entre Gallargues-le-Montueux et Nîmes à cause des inondations.La voie ferrée (classique) Nîmes-Montpellier a été rendue inutilisable au niveau de Vergèze, le ballast ayant été entièrement emporté, les rails flottant en l'air en tenant les traverses en béton armé.

Voie ferrée (classique) dégradée près de Vergèze, le mardi 20 octobre 2026
Le CNM (contournement de Nîmes et Montpellier), construit plus en
hauteur, n'a pas été touché. À Montpellier, la gare de la Mogère,
dont certains parkings et les voies d'accès sont inondables, n'a
pas non plus été touchée car les pluies ont été beaucoup plus
faibles sur Montpellier.
Plus d'infos sur les dégâts sur les voies ferrées dans le
Midi-Libre (21/10/2026): Le trafic SNCF interrompu jusqu’au 25 octobre
sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel et Nîmes-Grau-du-Roi
après les intempéries (avec des photos des dégradations et
des travaux de réparation de la voie ferrée).
Perturbations du trafic
Ces dégradations ont conduit à supprimer totalement la circulation ferroviaire entre Nîmes et Lunel.La branche entre Nîmes (St-Césaire) et Le Grau-du-Roi a également été interrompue.
Certains TER ont été maintenus, avec des changements d'horaires, à l'ouest de Lunel (Montpellier) et à l'est de Nîmes-centre (Avignon, Marseille).
Les TGV ne peuvent pas desservir Nîmes-centre et Montpellier-centre: ils sont déviés par le CNM (contournement de Nîmes et Montpellier), et desservent la gare de Manduel (Nîmes-TGV, dite «Nîmes Pont-du-Gard» malgré qu'elle n'est pas proche du Pont du Gard) et la gare de La Mogère (Montpellier-TGV, dite «Montpellier Sud-de-France»).
L'impossibilité de desservir Montpellier-centre (rebaptisée «Montpellier Saint-Roch») est due au refus de SNCF Réseau de construire l'aiguillage prévu à St-Brès dans la Déclaration d'Utilité Publique (DUP) du CNM. Ce modeste ouvrage aurait pourtant grandement simplifié la vie des voyageurs.
Les voyageurs débarquant à la gare La Mogère peuvent habituellement rejoindre Montpellier via la ligne 1 (prolongée jusqu'à la gare TGV). Mais ceci est impossible le samedi 24 octobre 2026, en raison des troubles qui ont émaillés la journée du samedi 17 octobre, lorsqu'une nouvelle manifestation de lycéens, méprisés par le gouvernement pendant des semaines, a été «volée» par des manifestants de la tendance «gilets jaunes» (sans mot d'ordre très clair). La journée du 17 octobre s'était terminée par de nombreuses dégradations et pillages de magasins, et par d'innombrables violences policières, ayant semble-t-il abouti à 2 morts à Paris (l'un près de la Place de la République sous l'effet de gaz lacrymogènes à forte dose pendant des heures, l'autre vers le Châtelet sous l'effet d'une charge policière), mais les causes restent contestées à ce jour. Le président Emmanuel Macron a alors annoncé l'interdiction de toutes les manifestations «sauf celles qui sont légitimes» (déclaration que le Conseil d'État a jugée juridiquement nulle), et le gouvernement a donné aux préfets l'ordre de rendre les manifestations impossibles, ce qui à Montpellier s'est traduit par l'interdiction de circulation pour les tramways et pour les bus desservant le centre-ville.

Schéma des voies ferrées entre Montpellier et Nîmes, montrant:
la fermeture des tronçons de Nîmes à Lunel et Le Grau-du-Roi,
l'absence de l'aiguillage de St-Brès, et l'interdiction du tramway à Montpellier
La seule possibilité pour aller du centre-ville à la gare TGV de Montpellier, outre la marche à pied, est le bus de Hérault-Transport entre Antigone et l'aéroport de Montpellier-Fréjorgues, avec une fréquence de 30 mn en journée, et 2h le soir.
Conclusions
Cet épisode rappelle que la suppression de l'aiguillage de St-Brès réduit la flexibilité d'exploitation de la ligne, en empêchant les TGV de desservir Montpellier-centre lorsque la ligne est coupée dans le secteur de Nîmes ou Lunel, et en bloquant les correspondances ferroviaires avec les TER, qui desservent par contre Montpellier-centre. Mais il n'est pas trop tard pour enfin construire cet aiguillage.Outre cet inconvénient, on n'a pas fini de parler des conséquences de cette gare absurde pour les habitants du secteur de Sète, qui ne disposeront plus de correspondance efficace avec les TGV dès lors que la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) aura été construite, déjà entre Montpellier et Béziers: ils réclament maintenant une halte sur la LNMP, qui serait malpratique à tous points de vue (accès routiers, gestion du trafic ferroviaire), et qui menacerait gravement la source d'Issanka qui alimente Sète en eau potable. Ce problème ne serait pas arrivé si on avait attendu la construction de la LNMP pour envisager la construction d'une gare TGV pour Montpellier, et qu'on l'avait alors construite au nord de Maurin, en déviant la voie classique pour qu'elle jouxte la LNMP, permettant ainsi aux voyageurs de prendre de nombreuses correspondances, et aux trains de changer de direction après s'être arrêtés en gare. Cette alternative a été soumise le 20 octobre 2014 par notre Collectif contre la gare de la Mogère mais a été purement et simplement ignorée.

Emplacement alternatif pour la gare TGV de Montpellier (le cas échéant)
sur la LNMP, au nord de Maurin, avec déviation de la voie classique
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